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La Médecine Traditionnelle Chinoise => Généralités sur la MTC

Sur quelles bases éthiques est fondée la MTC ?

Pour essayer d’être clair (et faire un petit clin d’œil à l’Occident !), on pourrait dire que les bases de la MTC sont les mêmes que celles définies par Hippocrate cinq siècles avant notre ère. Ce thérapeute de l’Antiquité, reconnu de tous comme un précurseur, est également l’auteur du fameux Serment prêté par les médecins.

Le premier principe est : « Premièrement, ne pas nuire » ; en MTC, il n’y a jamais d’action thérapeutique appliquée « par principe », en l’absence de bénéfice certain pour le patient. De même, le thérapeute n’est pas en « guerre » contre la maladie et, de ce fait, il n’y a jamais de « dommages collatéraux » (effets secondaires nocifs) ; en aucun cas la victoire sur la maladie ne peut se faire au détriment du malade. Le praticien, par son action thérapeutique adaptée, aide l’organisme à se réguler lui-même, à retrouver un bon équilibre, tout en respectant son rythme de « travail » (cf. 4ème principe). La réflexion et l’action du praticien se portent sur la personne malade et non sur la maladie.

Puis : « Deuxièmement, combattre le mal par son contraire » ; c’est ce que fait la MTC dans sa pratique curative. Par exemple, en cas de maladie « de chaleur » (qui se manifeste par de la température, des rougeurs, etc.), le soin va consister à « rafraîchir » l’organisme ; et vice-versa pour les maladies dues au froid (accompagnée de : frilosité, pâleur, etc.). De même, en cas d’état de « vide », de « manque », le principe thérapeutique va « tonifier ».

Ensuite : « Troisièmement, mesure et modération » ; en MTC, le praticien cherche en permanence à avoir une action en adéquation avec la vitalité de son patient *, pour adapter le soin en conséquence, en pondérant l’intensité de la thérapie. En face de la maladie, le praticien n’est pas dans une situation de toute-puissance ; il œuvre de son mieux dans un esprit d’humilité dans le service, sans volonté de maîtrise absolue de la souffrance et de la vie** , non dans la quête exclusive d’une victoire à tout prix contre la maladie, mais en tant qu’« instrument » au service de l’être humain*** .

Enfin, le dernier principe : « Quatrièmement, chaque chose en son temps » ; il est certain que, dans le domaine de la patience, l’Orient a encore beaucoup à nous apprendre ! Plusieurs siècles ont été nécessaires pour mettre en place un système de soins. De même, dans la pratique médicale, le praticien conduit sa thérapie avec constance, mais sans hâte excessive, toujours dans le respect de son patient, centre de ses préoccupations. Le couple soignant / soigné avance au même pas.

On voit donc bien ici la cohérence entre les principes érigés par Hippocrate et leur mise en pratique dans la MTC.


* Ainsi que la saison, l’état et les habitudes de vie du patient, etc.

** Dans ce sens, la notion d’« acharnement thérapeutique » est hors de propos.

*** Il est bon de souligner ce que disait Ambroise Paré (1510 – 1590), père de la chirurgie moderne : « Je soigne, je panse, mais c’est Dieu qui guérit ».